{"id":163,"date":"2024-03-22T09:24:25","date_gmt":"2024-03-22T08:24:25","guid":{"rendered":"https:\/\/laurehumbel.fr\/?page_id=163"},"modified":"2024-06-15T19:49:32","modified_gmt":"2024-06-15T17:49:32","slug":"lointains-retours-de-naples","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/laurehumbel.fr\/index.php\/tous-les-articles-du-blog\/mars-2024-naples\/lointains-retours-de-naples\/","title":{"rendered":"Lointains retours de Naples&#8230;"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8230;d&rsquo;un personnage en devenir<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/laurehumbel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/train-retours-lointains-1024x768.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-168\" srcset=\"https:\/\/laurehumbel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/train-retours-lointains-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/laurehumbel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/train-retours-lointains-300x225.jpeg 300w, https:\/\/laurehumbel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/train-retours-lointains-768x576.jpeg 768w, https:\/\/laurehumbel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/train-retours-lointains-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/laurehumbel.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/train-retours-lointains-2048x1536.jpeg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La sonnerie du m\u00e9tro annon\u00e7a la fermeture des portes. Place d\u2019Italie, je c\u00e9dais sans retenue \u00e0 la tentation d\u2019un d\u00e9marrage soudain en montant l\u2019escalier, pour le plaisir. Dehors, sans un regard pour les sapins et leurs guirlandes, je m\u2019enfournais dans un caf\u00e9 que j\u2019aimais bien, \u00e0 cause des s\u00e9rigraphies sur les vitres qui imitaient les ann\u00e9es folles, \u00e0 cause des banquettes en ska\u00ef, oranges mais presque marrons, \u00e0 cause des globes lumineux opalescents, le tout bien plus kitsch que chic, \u00e0 cause du bruit du percolateur et de la voix des serveurs, la musique des caf\u00e9s parisiens, m\u00eame si je savais que l\u2019expresso n\u2019y valait rien, et je me gardai de commander autre chose qu\u2019un chocolat et un croissant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les mains autour de la tasse chaude, dans les ar\u00f4mes du cacao, je r\u00eavai \u00e0 la musique d\u2019autres petits matins, lointains, napolitains. \u00c0 la fin des vacances d\u2019\u00e9t\u00e9, on \u00e9tait \u00e0 la gare tr\u00e8s t\u00f4t. La lumi\u00e8re tranchante \u00e9tait exacerb\u00e9e par l\u2019odeur \u00e2cre de caoutchouc et de fer, la chaleur soufflait d\u00e9j\u00e0 sa pr\u00e9sence. Le train de nuit arrivait de Palerme. Les passagers \u00e9taient r\u00e9veill\u00e9s au son des vendeurs ambulants sur le quai de la gare de Naples, qui lan\u00e7aient tout autour de nous d\u2019une voix d\u2019op\u00e9ra&nbsp;: \u00ab&nbsp;Caff\u00e9, brioche, caff\u00e9&nbsp;! \u00bb En napolitain, on omet la voyelle finale, et le mot <em>brioscia <\/em>a le m\u00eame son, exactement, qu\u2019en fran\u00e7ais. Mais pas la m\u00eame odeur. \u00c0 la gomme \u00e9cras\u00e9e des roues se m\u00eale de la fleur d\u2019oranger. \u00ab&nbsp;Caff\u00e9, brioche, caff\u00e9&nbsp;\u00bb&nbsp;: paam p<strong>aa<\/strong>m (deux longues, accent principal sur la seconde), pam p<strong>a<\/strong>m, paam <strong>paa<\/strong>m (deux br\u00e8ves, accent secondaire sur la seconde, deux longues, accent final). V\u00e9ronique saurait me dire quel antique rythme grec ce refrain reprenait. Nous nous h\u00e2tions derri\u00e8re maman stress\u00e9e, papa dormait debout, nonna nous poussait pour nous mettre vite vite dans le train de Rome. Sous cette pr\u00e9cipitation, elle masquait sa contrari\u00e9t\u00e9 de nous voir partir. \u00c0 Rome, nous passions la journ\u00e9e \u00e0 errer de l\u2019ombre d\u2019une \u00e9glise \u00e0 la fra\u00eecheur sucr\u00e9e d\u2019une glace, chaude journ\u00e9e d\u2019\u00e9t\u00e9, en attendant le \u00ab&nbsp;Palatino&nbsp;\u00bb, le train de nuit Rome-Paris.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je ne retrouverais jamais ces d\u00e9parts au petit jour. Je pr\u00e9f\u00e9rais l\u2019avion, et d\u00e9sormais, je choisissais moi-m\u00eame mes horaires. Devant mon croissant de solstice d&rsquo;hiver, entour\u00e9 de p\u00e8res No\u00ebl, je pris conscience avec une acuit\u00e9 nouvelle que je n\u2019\u00e9tais plus rattach\u00e9 \u00e0 l\u2019enfance, que j\u2019\u00e9tais pass\u00e9 d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9 de ma vie, celui o\u00f9 l\u2019on est un homme qui agit de son propre chef. C\u2019\u00e9tait valorisant et un peu amer. Quand je sortis du caf\u00e9, il tra\u00eenait encore un peu de nuit sur Paris, le ciel \u00e9tait pleurnichard. Je r\u00eavais tant de marcher avec Gina dans l\u2019azur de Capri, parmi les citronniers et les myrtes. Je vis en pens\u00e9e sa silhouette avant l\u2019aube, comme elle s\u2019\u00e9tait enfonc\u00e9e seule dans la nuit, ses boucles brunes balan\u00e7ant au rythme de son pas h\u00e2tif, de fines perles de pluie glissant sur ses \u00e9paules.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8230;d&rsquo;un personnage en devenir La sonnerie du m\u00e9tro annon\u00e7a la fermeture des portes. Place d\u2019Italie, je c\u00e9dais sans retenue \u00e0 la tentation d\u2019un d\u00e9marrage soudain en montant l\u2019escalier, pour le plaisir. Dehors, sans un regard pour les sapins et leurs guirlandes, je m\u2019enfournais dans un caf\u00e9 que j\u2019aimais bien, \u00e0 cause des s\u00e9rigraphies sur les&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":155,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"advanced_seo_description":"","jetpack_seo_html_title":"","jetpack_seo_noindex":false,"footnotes":""},"class_list":["post-163","page","type-page","status-publish","hentry"],"jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/laurehumbel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/163","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/laurehumbel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/laurehumbel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/laurehumbel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/laurehumbel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=163"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/laurehumbel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/163\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":171,"href":"https:\/\/laurehumbel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/163\/revisions\/171"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/laurehumbel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/155"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/laurehumbel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=163"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}