{"id":1696,"date":"2026-05-03T17:26:29","date_gmt":"2026-05-03T15:26:29","guid":{"rendered":"https:\/\/laurehumbel.fr\/?p=1696"},"modified":"2026-05-18T18:21:59","modified_gmt":"2026-05-18T16:21:59","slug":"resonance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/laurehumbel.fr\/index.php\/2026\/05\/03\/resonance\/","title":{"rendered":"R\u00e9sonance"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Deux livres, cette semaine, sont entr\u00e9s en r\u00e9sonance avec <a href=\"https:\/\/laurehumbel.fr\/index.php\/2026\/04\/19\/notre-dame-sept-ans-apres-lincendie\/\">le dernier post de ce blog<\/a> : <em><a href=\"https:\/\/actes-sud.fr\/catalogue\/le-grand-epuisement-015390\">Le Grand \u00e9puisement<\/a><\/em> de Nelly Pons, dont je parlerai dans un prochain billet et <\/strong><a href=\"https:\/\/muriellebozzia.com\/actualite-sortie-du-livre-la-necessite-de-lart\/\"><em>La N\u00e9cessit\u00e9 de l\u2019art<\/em><\/a><strong> de Murielle Bozzia et Pierre-Alain Mallet.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"458\" height=\"640\" src=\"https:\/\/laurehumbel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/260503_Bozzia-Mallet.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1661\" style=\"width:294px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/laurehumbel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/260503_Bozzia-Mallet.jpeg 458w, https:\/\/laurehumbel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/260503_Bozzia-Mallet-215x300.jpeg 215w\" sizes=\"auto, (max-width: 458px) 100vw, 458px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Il faut se m\u00e9fier des m\u00e9taphores simples, ne pas y entendre l\u2019\u00e9cho d\u2019une cloche ou d\u2019un bourdon au pr\u00e9texte que j\u2019ai rouvert et remis en lumi\u00e8re mon texte sur l\u2019incendie de Notre-Dame. Il s\u2019agit plut\u00f4t d\u2019une perception affine.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\" style=\"font-size:clamp(16.293px, 1.018rem + ((1vw - 3.2px) * 0.989), 25px);\"><strong>LA N\u00c9CESSIT\u00c9 DE L&rsquo;ART<\/strong><br><strong>\u00ab&nbsp;Incendie et r\u00e9silience, peindre pour unifier&nbsp;\u00bb<\/strong><br>Murielle Bozzia et Pierre-Alain Mallet<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Les reproductions des \u0153uvres de Murielle Bozzia me fascinent d\u00e8s que j\u2019ouvre le livre par leur grande originalit\u00e9, et aussi parce qu\u2019elles me d\u00e9rangent. Une main verte saisit la fl\u00e8che en feu de Notre-Dame. La panoplie de super-h\u00e9ros d\u2019un pompier se dilue dans les contours flous des couleurs d\u2019une flamme. Dans une toile, je vois les yeux globuleux et le bec d\u2019une sorte de p\u00e9lican fantastique, avant d\u2019y reconna\u00eetre les seins et le ventre d\u2019une femme enceinte que traverse la transparence des arcs-boutants du chevet, et que souligne la cr\u00eate pointue de fen\u00eatres en ogive. Des rosaces conversent avec des bras tendus en arc. Que peuvent-ils retenir de ce qui peut s\u2019\u00e9vanouir&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Des visages constern\u00e9s sont fig\u00e9s sur un fond qui tremble. Des \u00e9l\u00e9ments d\u2019architectures et des figures hybrides ou monstrueuses se m\u00ealent au jaillissement d\u2019un art en-de\u00e7\u00e0 de la raison, une ligne de bande-dessin\u00e9e fantastique habite l\u2019illumination, l\u2019\u00e9lan d\u2019une peinture qui, sur le socle branlant de la souffrance, trouve dans sa force int\u00e9rieure \u00e0 b\u00e2tir la pulsation de la vie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Une main, gigantesque, d\u00e9mesur\u00e9e, omnipr\u00e9sente.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Du d\u00e9rangement na\u00eet l\u2019\u00e9motion.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">J\u2019ai toujours eu une attirance pour les peintres coloristes. Le courant auquel l\u2019artiste dit se rattacher est celui, qui m\u2019\u00e9tait inconnu, de la peinture sensualiste.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-tertiary-background-color has-background\">p. 22 \u00ab&nbsp;Capter l\u2019esprit d\u2019une \u00e9poque, des impressionnistes aux expressionnistes, devient un champ d\u2019exp\u00e9rimentation, le refus de l\u2019acad\u00e9misme. La libert\u00e9 comme embl\u00e8me. L\u2019\u00e9motion comme but. C\u2019est dans cette lign\u00e9e que s\u2019inscrit le senualisme.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Oui.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Je sens que ces \u0153uvres gagnent \u00e0 \u00eatre regard\u00e9es longtemps. Dans la contemplation je trouve du sens \u2013 comme, devant les toiles de Rothko, il faut laisser \u00e0 l\u2019\u0153il le temps de percevoir la profondeur et sa signification.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Sur le papier glac\u00e9, il manque la mati\u00e8re de l\u2019\u0153uvre, sa p\u00e2te, et je vais guetter l\u2019occasion d\u2019une exposition pour voir les originaux. Mais le livre est une \u0153uvre en soi, le texte de l\u2019artiste dialogue avec ses \u0153uvres, et l\u2019artiste dialogue avec un historien d\u2019art, qui est un ami, et cet ami m\u2019a mis le livre entre les mains, sensible \u00e0 la convergence de nos textes respectifs, non seulement sur le sujet, mais dans la sensibilit\u00e9 avec laquelle nous l\u2019abordons.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-tertiary-background-color has-background\" style=\"font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);\">p. 8 \u00ab&nbsp;Ce livre n\u2019est pas un livre sur Notre-Dame. C\u2019est un livre sur la peinture comme acte de transformation.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">De m\u00eame, <a href=\"https:\/\/laurehumbel.fr\/index.php\/toute-leau-de-lincendie\/\">mon texte<\/a> n\u2019est pas un texte sur Notre-Dame, mais une r\u00e9flexion sur les raisonnements et sur les \u00e9motions induites par l\u2019incendie.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"640\" height=\"640\" src=\"https:\/\/laurehumbel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/260503_Bozzia-Stryge.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1663\" style=\"width:434px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/laurehumbel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/260503_Bozzia-Stryge.jpeg 640w, https:\/\/laurehumbel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/260503_Bozzia-Stryge-300x300.jpeg 300w, https:\/\/laurehumbel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/260503_Bozzia-Stryge-150x150.jpeg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-tertiary-background-color has-background\" style=\"font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);\">p. 13 \u00ab&nbsp;J\u2019ai cru m\u2019\u00e9teindre. Mais c\u2019est l\u00e0, dans les cendres, que j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 peindre&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-tertiary-background-color has-background\" style=\"font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);\">p. 24 \u00ab&nbsp;En quelques secondes, je comprends&nbsp;: si les traces ne peuvent \u00eatre modifi\u00e9es, c\u2019est parce qu\u2019elles sont trop solides. Je n\u2019ai pas repr\u00e9sent\u00e9 un contrefort&nbsp;: je suis le contrefort, au c\u0153ur de la structure.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-tertiary-background-color has-background\" style=\"font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);\">p. 31 \u00ab&nbsp;L\u2019incendie de Notre-Dame (&#8230;) n\u2019appartient pas aux seuls chr\u00e9tiens, aux amoureux du patrimoine et de l\u2019histoire, aux Parisiens, \u00e0 ceux qui auraient visit\u00e9 au moins une fois dans leur vie, mais \u00e0 tous ceux qui sentaient ce soir-l\u00e0 dans leur poitrine, la peur de la destruction, une perte qui devenait intime.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-tertiary-background-color has-background\" style=\"font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);\">p. 37 \u00ab&nbsp;Trois \u00e9l\u00e9ments sont essentiels&nbsp;: la lenteur, le temps et la m\u00e9moire. L\u2019artiste accepte de ne pas savoir, laisse venir le geste, pose et efface, comme l\u2019eau qui sculpte la pierre. La peinture garde la trace du temps, r\u00e9v\u00e8le une vie en devenir. S\u2019appuyer sur le r\u00e9el mobilise la m\u00e9moire, guide l\u2019intuition, donne sens aux sensations. Se reconstruire, c\u2019est comme peindre&nbsp;: pas \u00e0 pas, avec patience, en laissant le corps se r\u00e9organiser \u2013 et la confiance revient.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-tertiary-background-color has-background\" style=\"font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);\">p. 42 \u00ab&nbsp;Dans la nuit, au fur et \u00e0 mesure de l\u2019avanc\u00e9e des flammes, une tout autre image apparut. Elle n\u2019\u00e9tait pas nouvelle, bien au contraire&nbsp;! Elle \u00e9tait la Notre-Dame enfouie sous le quotidien. L\u2019\u00e9glise redevenait un joyau architectural, un vestige d\u2019un Moyen-Age transfigur\u00e9, un lieu majeur de la chr\u00e9tient\u00e9. Peu \u00e0 peu, le mythe r\u00e9apparaissait.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-tertiary-background-color has-background\" style=\"font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);\">p. 50 \u00ab&nbsp;De nombreux spectateurs [\u2026] se rapprochent parfois du cartel, avant m\u00eame d\u2019avoir regard\u00e9 la toile, en qu\u00eate d\u2019une hypoth\u00e9tique piste qui les guiderait dans ce <em>no man\u2019s land<\/em>&nbsp;. Un si\u00e8cle apr\u00e8s l\u2019apparition de l\u2019art abstrait, ils demeurent d\u00e9sar\u00e7onn\u00e9s par l\u2019absence d\u2019une anecdote \u00e0 laquelle se rattacher. Et pourtant, c\u2019est bien l\u00e0 qu\u2019est l\u2019humain, [\u2026] dans la reconnaissance du geste cr\u00e9ateur.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/muriellebozzia.com\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"640\" height=\"342\" src=\"https:\/\/laurehumbel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/260503_site_Murielle_Bozzia.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1669\" srcset=\"https:\/\/laurehumbel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/260503_site_Murielle_Bozzia.jpeg 640w, https:\/\/laurehumbel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/260503_site_Murielle_Bozzia-300x160.jpeg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">muriellebozzia.com<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-nowrap is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-6c531013 wp-block-group-is-layout-flex\">\n\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les reproductions des \u0153uvres de Murielle Bozzia me fascinent d\u00e8s que j\u2019ouvre le livre par leur grande originalit\u00e9, et aussi parce qu\u2019elles me d\u00e9rangent.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1663,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"advanced_seo_description":"","jetpack_seo_html_title":"","jetpack_seo_noindex":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[183,90],"tags":[70,211,69,88,210,213],"class_list":["post-1696","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-lecture","category-toute-leau-de-lincendie","tag-art-contemporain","tag-bozzia","tag-incendie","tag-notre-dame","tag-peinture","tag-resilience"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/laurehumbel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/260503_Bozzia-Stryge.jpeg","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/laurehumbel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1696","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/laurehumbel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/laurehumbel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/laurehumbel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/laurehumbel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1696"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/laurehumbel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1696\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1702,"href":"https:\/\/laurehumbel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1696\/revisions\/1702"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/laurehumbel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1663"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/laurehumbel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1696"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/laurehumbel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1696"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/laurehumbel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1696"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}