{"id":675,"date":"2024-08-23T14:20:00","date_gmt":"2024-08-23T12:20:00","guid":{"rendered":"https:\/\/laurehumbel.fr\/?p=675"},"modified":"2024-08-23T19:41:06","modified_gmt":"2024-08-23T17:41:06","slug":"les-voies-de-lunivers","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/laurehumbel.fr\/index.php\/2024\/08\/23\/les-voies-de-lunivers\/","title":{"rendered":"Les voies de l&rsquo;univers"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-group is-nowrap is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-6c531013 wp-block-group-is-layout-flex\">\n\n<\/div>\n\n\n\n<p>S\u0153ur Cyclamen enleva ses gants, releva sa voilette d\u2019apicultrice sur son chapeau de paille et accrocha ce dernier au-dessus de la commode. Elle d\u00e9vissa le couvercle du r\u00e9cipient de cire qu\u2019elle venait de r\u00e9colter, ferma les yeux et savoura l\u2019odeur qui se r\u00e9pandait dans la salle capitulaire du couvent orbital \u00ab&nbsp;Transfiguration II&nbsp;\u00bb. Elle profita de cet instant de sensualit\u00e9, si rare dans sa vie de nonne, car s\u0153ur Cyclamen savait profiter de chaque occasion. Quand il fallait cirer les huisseries, elle passait lentement la peau de chamois sur les portes des placards, sur les bancs qui faisaient le tour de la pi\u00e8ce, caressant chaque surface, s\u2019appliquant \u00e0 ne rien n\u00e9gliger, m\u00eame pas les boutons des tiroirs. Quand elle s\u2019installait devant l\u2019\u00e9cran de la salle de lecture et tapait son code d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la Biblioth\u00e8que Universelle, elle lisait toujours \u00e0 voix basse, en remuant les l\u00e8vres, un de ses po\u00e8mes favoris avant de se mettre \u00e0 l\u2019\u00e9tude. Quand il s\u2019agissait d\u2019entretenir le jardin des simples o\u00f9 \u00e9taient cultiv\u00e9es les plantes aromatiques et m\u00e9dicinales, elle traficotait le r\u00e9gulateur de climat qui reproduisait artificiellement le cours harmonieux des saisons et l\u2019alternance du jour et de la nuit. Elle choisissait \u00ab&nbsp;matin d\u2019\u00e9t\u00e9&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;journ\u00e9e ensoleill\u00e9e de printemps&nbsp;\u00bb. Si, en se baissant pour arracher une herbe, son visage se trouvait au niveau d\u2019une fleur, elle en humait le parfum, profond\u00e9ment. Une fois, elle avait oubli\u00e9 de remettre le mois d\u2019octobre en route. Cela lui avait valu un ch\u00e2timent corporel et trois jours d\u2019isolement au pain sec et \u00e0 l\u2019eau. Pour administrer les coups, M\u00e8re Freesia avait choisi s\u0153ur Marguerite, la plus \u00e9nergique de toute la communaut\u00e9. Cyclamen n\u2019avait pas contest\u00e9 la gravit\u00e9 de son acte, leur mission consistant justement \u00e0 reproduire les conditions de vie sur terre et \u00e0 faire la preuve qu\u2019un vaisseau spatial pouvait vivre en autarcie, devenant lui-m\u00eame une biosph\u00e8re. \u00ab&nbsp;Transfiguration II&nbsp;\u00bb faisait partie d\u2019un programme pilote \u00e0 l\u2019issue duquel on envisageait de mettre en orbite des unit\u00e9s plus grosses, de la taille d\u2019une ville enti\u00e8re avec son territoire agricole. Lorsque le programme avait \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9, une question surtout tracassait les agences spatiales&nbsp;: comment faire face aux probl\u00e8mes psychologiques des \u00e9quipages&nbsp;? Aussit\u00f4t, le Vatican \u00e9tait venu \u00e0 leur secours. Ayant fait v\u0153u de chastet\u00e9, de cl\u00f4ture et d\u2019ob\u00e9issance, les religieux n\u2019\u00e9taient-ils pas les mieux plac\u00e9s pour ce genre d\u2019exp\u00e9rience&nbsp;? C\u2019est ainsi que la communaut\u00e9 de s\u0153ur Cyclamen s\u2019\u00e9tait retrouv\u00e9e \u00e0 suivre un programme de formation acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e. Elle-m\u00eame avait re\u00e7u une instruction approfondie dans le domaine de la production, du stockage et de l\u2019utilisation de l\u2019\u00e9nergie en fonction de ses diff\u00e9rentes sources, ainsi qu\u2019en apiculture et en ins\u00e9mination artificielle des bovid\u00e9s. On avait ensuite impos\u00e9 \u00e0 chaque moniale de l\u2019ordre de r\u00e9it\u00e9rer ses v\u0153ux sous un nouveau nom qui devait \u00e9voquer le monde v\u00e9g\u00e9tal. S\u0153ur Marguerite, qui s\u2019appelait d\u00e9j\u00e0 comme \u00e7a, passait dans les couloirs avec un sourire ironique m\u00e2tin\u00e9 de triomphalisme. Cela lui valut en p\u00e9nitence douze heures de pri\u00e8re suppl\u00e9mentaires dans la semaine.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u0153ur Cyclamen avait fini de cirer les bancs. Elle souffla de l\u2019effort accompli, souffle auquel se m\u00ealaient un soupir de nostalgie et un voile de col\u00e8re dont il lui faudrait se confesser. Apr\u00e8s le r\u00e9fectoire, la salle capitulaire \u00e9tait la plus grande pi\u00e8ce du vaisseau. Les bancs \u00e9taient dispos\u00e9s tout autour, le long des parois. C\u2019est ici que se r\u00e9glaient les probl\u00e8mes, jadis, ici que l\u2019on discutait, que chacune donnait son avis et que se prenaient les d\u00e9cisions sous l\u2019autorit\u00e9 de la m\u00e8re abbesse. Il y avait vingt-deux places, car elles \u00e9taient vingt-deux au d\u00e9collage. Quinze ans plus tard, il ne restait qu\u2019elle. On les avait pr\u00e9venues, ce vaisseau serait toute leur vie, serait aussi leur tombe. Pas question de revenir sur Terre. \u00ab&nbsp;Transfiguration II&nbsp;\u00bb \u00e9tait une r\u00e9plique de la biosph\u00e8re terrestre et devait se suffire \u00e0 soi-m\u00eame. Elles qui avaient choisi de s\u2019enfermer pour toujours, leur avait-on fait remarquer, ce ne serait pas tellement diff\u00e9rent de vivre cette retraite hors du monde en orbite, avec le globe terrestre pour paysage, et quelquefois la Lune, ni tellement plus difficile que de la passer entre les quatre murs d\u2019un monast\u00e8re perdu dans la montagne.<\/p>\n\n\n\n<p>Que la mort survienne et les fauche l\u2019une apr\u00e8s l\u2019autre, c\u2019est dans l\u2019ordre des choses. Un pr\u00eatre en pr\u00e9sence holographique venait dire la messe des d\u00e9funts dans la chapelle, avant que l\u2019on exp\u00e9die le cercueil dans le vide intersid\u00e9ral. Mais ce qui les avait \u00e9tonn\u00e9es, depuis le d\u00e9but, c\u2019est qu\u2019on ne remplace pas les s\u0153urs disparues. Elles en avaient plusieurs fois demand\u00e9 la raison aux sup\u00e9rieurs de l\u2019ordre, et la r\u00e9ponse \u00e9tait toujours rest\u00e9e tr\u00e8s \u00e9vasive. Au d\u00e9c\u00e8s de m\u00e8re Freesia, on leur avait enjoint de nommer parmi elles une nouvelle m\u00e8re abbesse. N\u2019\u00e9tant d\u00e9j\u00e0 plus que cinq, elles s\u2019\u00e9taient ralli\u00e9es \u00e0 s\u0153ur Ananas qui proposait de se passer de chef et qui en r\u00e9colta le surnom de s\u0153ur Ananar. S\u0153ur Cyclamen pensait que cette entorse \u00e0 la r\u00e8gle monacale irriterait les responsables de l\u2019ordre \u00e0 Rome, en haut lieu (elle \u00e9tait tent\u00e9e de penser \u00ab\u00a0en bas lieu\u00a0\u00bb, vu d\u2019ici, quoique avec l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019apesanteur on perde un peu ce genre de rep\u00e8res), et les inciterait \u00e0 envoyer une mission d\u2019inspection. Il n\u2019en avait rien \u00e9t\u00e9. Alors le doute s\u2019\u00e9tait insinu\u00e9 en elle, et elle avait tent\u00e9 le tout pour le tout, juste pour savoir. Elle avait sciemment empoisonn\u00e9 s\u0153ur Soja avec une d\u00e9coction de laurier rose \u00e0 la place de sa camomille. Aucune des nonnes du vaisseau ne s\u2019\u00e9tait rendu compte de rien, mais \u00e0 la base, on savait. Car s\u0153ur Cyclamen s\u2019\u00e9tait arrang\u00e9e pour effectuer ses gestes meurtriers sous l\u2019\u0153il d\u2019une des cam\u00e9ras bien dissimul\u00e9es dans les parois de l\u2019habitacle, qu\u2019elle avait fini par rep\u00e9rer \u00e0 force d\u2019observation. Une nouvelle fois, il ne s\u2019\u00e9tait rien pass\u00e9. Ni citation au tribunal holographique, ni avertissement, ni m\u00eame une de ces insinuations dont son confesseur avait l\u2019art. Ainsi la lumi\u00e8re s\u2019\u00e9tait faite dans son esprit\u00a0: leur vie n\u2019int\u00e9ressait plus les experts des agences spatiales. Ils avaient dispos\u00e9 de suffisamment d\u2019ann\u00e9es d\u2019observation pour tirer leurs conclusions, et ils attendaient d\u00e9sormais qu\u2019elles meurent toutes, sans doute pour \u00e9tudier comment se comporterait une biosph\u00e8re sans pr\u00e9sence humaine.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 travers un hublot circulaire m\u00e9nag\u00e9 dans la porte de la salle, s\u0153ur Cyclamen regarda le jardin. Une brise l\u00e9g\u00e8re balan\u00e7ait les tiges des fleurs entre lesquelles voletaient des papillons et des abeilles. Elle pensa \u00e0 la proph\u00e9tie attribu\u00e9e \u00e0 Einstein et fort en vogue dans les discours \u00e9cologistes au moment de leur d\u00e9part&nbsp;: \u00ab&nbsp;Si l\u2019abeille dispara\u00eet, l\u2019homme n\u2019aura plus que quelques ann\u00e9es \u00e0 vivre.&nbsp;\u00bb Saint Albert, sourit-elle en son for int\u00e9rieur, avec son aur\u00e9ole de cheveux en p\u00e9tard. Aussit\u00f4t elle se reprit mentalement, s\u2019admonesta pour ce blasph\u00e8me, se promit de le confesser. Ce qui l\u2019inqui\u00e9tait, c\u2019\u00e9tait le sort de ses abeilles quand elle-m\u00eame aurait disparu de ce couvent en orbite. Sans parler des poules et des mammif\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle soupira une nouvelle fois et alla pr\u00e9parer la chapelle. On \u00e9tait demain dimanche et bien qu\u2019elle f\u00fbt seule maintenant, l\u2019ordre veillait au salut de son \u00e2me et au respect des rites. Elle activa le syst\u00e8me d\u2019aspiration automatique, puis elle mit une nappe blanche sur l\u2019autel, un bouquet de gramin\u00e9es, pla\u00e7a \u00e0 c\u00f4t\u00e9 une petite pat\u00e8ne contenant une unique hostie et un minuscule flacon de vin. Enfin, elle v\u00e9rifia le bon fonctionnement du syst\u00e8me de transmission. Par la bulle <em>In orbitam delivrans, <\/em>Beno\u00eet LXXXIV avait \u00e9tabli la validit\u00e9 de la cons\u00e9cration des hosties par voie holographique, rejetant du m\u00eame coup la proposition de quelques th\u00e9ologiens pragmatiques qui sugg\u00e9raient de permettre \u00e0 ces femmes, par d\u00e9rogation exceptionnelle, de c\u00e9l\u00e9brer l\u2019eucharistie. Dans tout le vaisseau la lumi\u00e8re diminua&nbsp;: le soir artificiel tombait. La son de la cloche annon\u00e7a l\u2019heure des v\u00eapres. S\u0153ur Cyclamen se mit \u00e0 genoux et pria.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle ressortait de la chapelle quand une autre sonnerie la fit sursauter. En quinze ans de pr\u00e9sence sur \u00ab&nbsp;Transfiguration II&nbsp;\u00bb, c\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois qu\u2019elle l\u2019entendait. Ce n\u2019\u00e9tait pas la sonnerie du parloir, et d\u2019ailleurs ce n\u2019\u00e9tait pas une heure o\u00f9 les visites, toutes virtuelles qu\u2019elles soient, \u00e9taient autoris\u00e9es. Ce n\u2019\u00e9tait pas non plus un appel de la base ni le signal de d\u00e9tresse qu\u2019elle entendait r\u00e9guli\u00e8rement lors des exercices de s\u00e9curit\u00e9. La sonnerie se r\u00e9p\u00e9ta. Intrigu\u00e9e, s\u0153ur Cyclamen se rendit dans la salle de contr\u00f4le d\u2019o\u00f9 l\u2019on avait une vue renversante sur la nuit sid\u00e9rale \u00e0 travers une vitre globulaire \u00e0 240\u00b0. Sans la fatigue impos\u00e9e au corps par les t\u00e2ches manuelles, les travaux des champs et le soin des b\u00eates, sans la r\u00e9p\u00e9tition obs\u00e9dante des rites, sans les certitudes du dogme et de la foi constamment ressass\u00e9es, on aurait pu perdre pied devant ce spectacle, \u00eatre saisie de doute, assaillie de m\u00e9taphysique ou pire, submerg\u00e9e par la panique. De cette salle, on voyait \u00e9galement le spatioport qui n\u2019avait plus jamais servi depuis le d\u00e9part des techniciennes-pilotes qui les avaient plac\u00e9es sur orbite. Et l\u00e0, il y avait une navette. S\u0153ur Cyclamen ferma les yeux, les rouvrit, les \u00e9carquilla&nbsp;: il y avait une navette. Elle se mit \u00e0 rire tout fort, un rire irr\u00e9pressible, nerveux, saccad\u00e9 qui ne devait pourtant rien au d\u00e9sir ni \u00e0 l\u2019appr\u00e9hension. \u00ab&nbsp;Ce n\u2019est pas une sonnerie, c\u2019est la sonnette&nbsp;\u00bb, se disait-elle en riant de plus belle, mais elle ne savait plus comment ouvrir la porte. Il lui fallut une dizaine de minutes pour se souvenir de la manipulation, puis une dizaine d\u2019autres pour que le pilote traverse les sas d\u2019entr\u00e9e successifs. La navette en question avait subi une avarie. Le pilote demandait la permission pour lui, sa copilote et son fluidificateur d\u2019ondes spatiales, de s\u00e9journer sur \u00ab&nbsp;Transfiguration II&nbsp;\u00bb le temps des r\u00e9parations. Elle le laissa s\u2019installer devant le moniteur de transmission, faire les d\u00e9clarations r\u00e9glementaires et appeler son \u00e9quipage. La nonne jaugea rapidement les trois jeunes gens pendant qu\u2019ils se d\u00e9barrassaient de leur combinaison de vol. Visiblement, ils n\u2019\u00e9taient pas tr\u00e8s au fait des choses de la religion et ne semblaient pas avoir conscience du genre d\u2019\u00e9tablissement o\u00f9 ils p\u00e9n\u00e9traient. L\u2019impunit\u00e9 dont elle jouissait incita la s\u0153ur \u00e0 enfreindre les lois de la cl\u00f4ture et \u00e0 faire entrer ces la\u00efcs \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du monast\u00e8re au lieu de les installer dans les anciennes chambres des techniciennes que la salle de contr\u00f4le s\u00e9parait du couvent. Leur navigation avait \u00e9t\u00e9 longue, et ils furent ravis autant que surpris de trouver sur la table du r\u00e9fectoire du lait et des \u0153ufs frais, et de vrais l\u00e9gumes. Pour ne pas troubler la tranquillit\u00e9 de ses h\u00f4tes, Cyclamen d\u00e9brancha le programme qui sonnait complies, matines et laudes, appelant \u00e0 la pri\u00e8re. Elle passa une soir\u00e9e si agr\u00e9able et si bien arros\u00e9e qu\u2019elle se r\u00e9veilla fort tard le lendemain matin et qu\u2019elle rata la messe. Elle fit des conjectures&nbsp;: monsieur le cur\u00e9 allait-il le signaler et quelles cons\u00e9quences cela aurait-il&nbsp;? La croirait-on morte&nbsp;? \u00c0 propos quand elle mourrait, laisserait-on pourrir son cadavre sans honneur ni s\u00e9pulture ou enverrait-on un vol de croque-morts pour l\u2019exp\u00e9dier par-dessus bord et le laisser vagabonder au hasard d\u2019une ultime rencontre avec un trou noir&nbsp;? Quelques jours plus tard, lorsque depuis la salle de contr\u00f4le elle regarda la navette r\u00e9par\u00e9e s\u2019envoler et s\u2019enfoncer vers les espaces infinis, elle ressentit en elle un tel \u00e9lan vers l\u2019ext\u00e9rieur que plus rien d\u2019autre, soudain, n\u2019eut d\u2019importance. D\u00e8s lors, elle passa toutes ses heures libres sur l\u2019Encyclopedia Galactextra. Elle \u00e9tudia les syst\u00e8mes de propulsion, le moyen de stocker le m\u00e9thane produit par les flatulences des vaches et des ch\u00e8vres, elle examina sous toutes leurs facettes les possibilit\u00e9s des panneaux solaires qui alimentaient le vaisseau. Pour mieux \u00e9tudier, elle consacrait de moins en moins de temps \u00e0 la pri\u00e8re, et elle finit par n\u00e9gliger le repassage du linge de messe qu\u2019elle fourrait maintenant dans les tiroirs de la commode de la salle capitulaire sans m\u00eame le plier.<\/p>\n\n\n\n<p>Le grand jour vint. Elle r\u00e9gla au strict minimum l\u2019\u00e9clairage de tout le vaisseau et se pla\u00e7a devant les commandes de la salle de contr\u00f4le, \u00e0 genoux et les mains jointes. Elle pria longuement pour ses s\u0153urs disparues, pour s\u0153ur Soja surtout, elle implora la cl\u00e9mence divine sur l\u2019audace dont elle s\u2019appr\u00eatait \u00e0 faire preuve, et elle supplia le ciel, le ciel \u00e0 la lisi\u00e8re duquel elle se trouvait, que ses branchements fonctionnent. Enfin elle se redressa, s\u2019assit devant le moniteur et elle tira la manette qui fit sortir \u00ab&nbsp;Transfiguration II&nbsp;\u00bb de son orbite \u00e9ternel pour le propulser vers les \u00e9toiles. Devant ses yeux se creusait ce qui semblait le c\u0153ur des t\u00e9n\u00e8bres mais elle savait que c\u2019est vers la frange du cosmos, au contraire, qu\u2019elle se dirigeait. Elle envoya \u00e0 la base un tout dernier message&nbsp;: \u00ab&nbsp;Les voies du Seigneur sont imp\u00e9n\u00e9trables, peut-\u00eatre pas celles de l\u2019univers.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-nowrap is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-6c531013 wp-block-group-is-layout-flex\">\n\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-jetpack-subscriptions__supports-newline wp-block-jetpack-subscriptions\">\n\t\t<div>\n\t\t\t<div>\n\t\t\t\t<div>\n\t\t\t\t\t<p >\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"https:\/\/laurehumbel.fr\/?post_type=post&#038;p=675\" style=\"font-size: 16px;padding: 15px 23px 15px 23px;margin: 0; margin-left: 10px;border-radius: 0px;border-width: 1px; background-color: #113AF5; color: #FFFFFF; text-decoration: none; white-space: nowrap; margin-left: 0\">Abonnez-vous<\/a>\n\t\t\t\t\t<\/p>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>S\u0153ur Cyclamen ferma les yeux et savoura l&rsquo;odeur qui se r\u00e9pandait dans la salle capitulaire du couvent orbital \u00ab\u00a0Transfiguration II\u00a0\u00bb. 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