La terre colle, la terre adhère, la terre est en une seule fois, la terre est herbe, elle est terre et racines, elle est terre elle est temps et tous les cimetières. Le mouvement d’un peuple invisible lui permet de respirer, la terre sous la terre. L’herbe est sans racines, au passage les animaux se nourrissent des fruits de la terre, ils picorent des graines, ils emportent la terre. Les maisons collent à la terre. Un tracteur passe au milieu des vignes, la terre s’enfonce, la terre lève sur les bords des lèvres des labours, au passage elle fait des ruisseaux de terre, qui coulent sur la terre, et le soc fait remonter des morceaux de terre cuite, des monceaux de tessons qui s’empilent à côté d’un muret de pierres sèches. La terre est sèche, des fissures s’ouvrent et la terre se crevasse. Sous l’orage les crevasses se recroquevillent, la terre se remplit d’elle-même, en boue, en ruisseaux maronnasses, la terre se gonfle d’elle-même. L’herbe repousse sur le temps.

la terre 1
8 réponses à “la terre 1”
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Bonne reprise, chère Laure.
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Merci, chère Emmanuelle.
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J’aime cette connivence, cette conversation muette avec la Terre. Ce fut un plaisir d’y participer.
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Une conversation muette avec la terre (peut-être plus que la Terre ?), je n’avais pas envisagé exactement cela, mais c’est très juste. Merci pour votre passage ici.
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oh oui plaisir de retrouver
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Chère Brigitte, je reviens un peu naviguer sur le web après m’en être tenue un moment éloignée. Merci de ton message !
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Très beau texte dont le rythme m’évoque une poésie parlée ou peut être dire en slam.
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Merci pour cet éclairage, après la conversation, voici l’oralité… cela me donne à réfléchir.
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